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La technologie RFID
Le code-barres vit-il ses derniers instants ? Tout porte à le croire. La technologie RFID (Radio Frequency Identification) et ses « tags » commencent déjà à bouleverser la supply chain et les process de production.
Le code-barres est universel et largement utilisé, mais une nouvelle forme d’étiquetage est en train de changer la donne : la puce RFID. La technologie RFID devient jour après jour la solution la plus adaptée pour traiter les impératifs de traçabilité, de gestion de production, de logistique et d’approvisionnements. Elle entrouvre des passerelles colossales pour les besoins marketing des entreprises.
La puce contient des informations du produit sur lequel elle est placée, qui peut-être de toute nature et même vivante : numéro d’identification du modèle, de la série, étapes et lieux de fabrication, taille, pointure, coloris, code anti-contrefaçon, … À la différence d’un code-barres, le tag RFID contient une mémoire de capacité variable, permettant d’émettre et/ou de recevoir en continu des données. Son intégration peut intervenir dans le produit dès sa fabrication ou par la suite (tatouage électronique des animaux).
Principe de fonctionnement
Le code-barres et la puce RFID ont en commun la nécessité d’avoir un lecteur et des étiquettes (« tags ») placées sur les éléments à identifier. Pour la RFID, l’étiquette comprend une puce, une antenne et un support. Elle est disponible sous différents formats : étiquettes souples, jeton, carte en plastique, encre passive bio-compatible, poudre de tags de 0,002 pouces carrés ! Comme sur le principe du radar, la RFID utilise les fréquences radio pour la transmission d’un signal entre un lecteur et une puce. Un logiciel chargé du traitement des données complète le dispositif.
Les RFID utilisent quatre bandes de fréquence : moins de 135 kHz (basses fréquences), 13,56 mHz (hautes fréquences), 868-950 mHz (ultra hautes fréquences), 2,45 GHz (micro-ondes), ce qui correspondait aux fréquences réservées par l’armée. Certaines tranches ont été libérées afin de faciliter l’envol de cette technologie, car plus les fréquences sont hautes et plus la capacité de lecture de la puce est longue (de quelques centimètres à plusieurs dizaines de mètres).
Les étiquettes peuvent être de deux types : active ou passive. Actives, elles intègrent une batterie qui permet de transmettre un signal à un lecteur et offrent ainsi les plus longues distances de communication (plusieurs mètres). Les tags passifs n’ont pas de batterie et c’est le signal électromagnétique du lecteur qui va activer l’étiquette et permettre d’envoyer les données.
Les puces RFID sont utilisées selon deux voies :
- Application en boucle ouverte, qui vise à intégrer l’étiquette sur un produit destiné à la vente. Cette utilisation est idéale pour les applications sur la traçabilité, l’authentification, la démarque inconnue ou encore la contrefaçon.
- Application en boucle fermée, avec l’utilisation d’étiquettes réinscriptibles en cours de fabrication ou après la vente. Comme elles peuvent ensuite réintégrer le circuit, ces puces sont employées en logistique.
 Applications possibles
La technologie n’est plus la limite actuellement et le principal objectif reste de définir les attentes prioritaires pour chaque projet. Le potentiel est vaste :
- identification
- authentification
- suivi de production
- gestion des stocks
- logistique
- traçabilité externe
- suivi des ventes.
Comme toute application technologique nouvelle, l’enjeu repose sur la capacité des acteurs et de leurs partenaires à mettre en place une organisation optimisée.
De l’usine jusqu’au consommateur
La RFID intéresse fortement les acteurs de la distribution et des produits de grande consommation : plusieurs opérateurs les utilisent pour la traçabilité des produits et des palettes (« tracking »). Leurs fournisseurs et sous-traitants suivent de facto le mouvement… Combinée avec une application GPS, la RFID devient un outil précieux pour la logistique et les livraisons.
Les premières applications laissent entrevoir un intérêt potentiellement intéressant pour la traçabilité des produits : suivi précis des productions, capacités d’inventaire et de gestion des approvisionnements, outil dans la lutte contre la contrefaçon ou la démarque « inconnue ».
La RFID déjà incontournable
La RFID est déjà utilisée au quotidien : bibliothèque, péage autoroutier, titres de transports, tatouage animal, nettoyage industriel des vêtements, clé de voiture sont les applications les plus courantes.
Les compagnies aériennes ont aussi recours à des étiquettes RFID, afin de fiabiliser l’acheminement des bagages et les grands événements sportifs ne pourraient éditer de billets sans elles.
La Chine, les Etats-Unis, l’Europe lancent de vastes programmes sur les titres cartes d’identité électronique et biométrique faisant la part belle aux puces RFID, avec les enjeux liés au respect de la vie privée.
Le recensement des arbres à Paris est également en projet et le tatouage électronique des animaux est effectif depuis de nombreuses années.
Des expérimentations ont déjà été opérées en grandes surfaces pour tester des magasins entièrement équipés de cette technologie, afin d’optimiser le réassort et la mise en rayon, réduire le temps de passage en caisse ou encore en facilitant le repérage en magasin des produits par le client. Dans la supply chain, il est réaliste de recourir à la RFID pour harmoniser les relations avec les fournisseurs, en équipant les palettes avec des puces, afin d’identifier instantanément leur contenu, en optimisant ainsi les approvisionnements et en limitant les coûts de stockage ou d’inventaire.
La question de la confidentialité au centre des débats
Le frein technologique dépassé, les premières applications « rôdées », l’accord de l’armée pour libérer les fréquences obtenu, reste la clef de voûte du système : le remplacement effectif de la RFID dépend de la réponse qui sera apportée à la protection des données personnelles.
La Commission Nationale Informatiques et Libertés (CNIL) s’est intéressée de près à cette technologie « invasive ». Selon elle, si les enjeux et les atouts de cette technologie sont indéniables, elle estime que les informations contenues dans un tag sont des données personnelles.
La CNIL s'interroge sur le fait que « le maillage dense de milliers d’objets qui entoureront une personne pourra ainsi être analysé, de façon permanente (le potentiel de rayonnement d’un RFID est illimité dans le temps car aucune batterie n’est nécessaire), permettant potentiellement le « profilage » des individus », rendant délicat la question de la modalité d'exercice du droit d'accès aux données.
Pour elle, les puces devraient pouvoir être neutralisées de manière définitive ou temporaire. Des distributeurs ont ainsi pris la décision d’intégrer les tags dans les étiquettes de prix et non de les incorporer dans les vêtements.
Pour autant, les étiquettes restent détectables par des portiques en magasins et dans les entrepôts, les plates-formes de livraison des magasins…
En parallèle, les premières attaques de virus informatique ont été annoncées il y a un an : les risques de parasitage de tags, de collecte non-autorisée ou de modification de données sont déjà bien réels.
Des experts du groupe CTC ont déjà mené plusieurs études d’intégration de puces en RFID dans des produits finis depuis 2004 ou de marquage discret de matériau comme le cuir par nano-traceurs et ADN synthétique. Ils peuvent vous renseigner.
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