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Développement des micro-organismes : le « casse-tête » de la chaîne d’approvisionnement
Avec des lieux de fabrication variés et de plus en plus éloignés, les problèmes de stockage et de transport sont de plus en plus importants. STR est très fréquemment questionné sur les améliorations à apporter sur la “supply chain” pour éviter les épineux problèmes de moisissure ou de prolifération microbienne.
 Le développement des micro-organismes : pourquoi, comment ?
Les produits en textile ou en cuir sont particulièrement sensibles au développement de moisissures en général. En effet, ces matériaux procurent les conditions idéales aux micro-organismes pour leur développement : humidité, aliment et milieu confiné.
Aujourd’hui, les produits sont souvent acheminés par voie maritime dans des containeurs métalliques.
Le voyage durera généralement entre six et huit semaines de l’usine de fabrication au quai de déchargement en Europe. Rappelons que les containeurs utilisés pour le transport sont bien souvent sales, rouillés, humides et bien évidemment jamais aseptisés.
Durant le transport sur des bateaux spéciaux, les containeurs vont être soumis à un cycle de chaud et de froid. Durant la journée, la température à l’intérieur du containeur va augmenter, suite à une exposition plus ou moins importante au soleil, donc l’humidité naturelle des cuirs et textiles va s’évaporer. Durant la nuit, cette humidité va se condenser. Ce cycle entre des phases humides chaudes et des micro-gouttelettes, procure des conditions idéales pour le développement des micro-organismes.
Le cuir est un matériau organique, issu de la peau d’un animal. Il contient également des huiles de nourriture, des finissages qui peuvent dans une certaine condition être des substances nutritives pour les micro-organismes. Cette remarque est également valable pour les textiles issus de fibres naturelles.
Toutes ces remarques expliquent donc qu’il est fréquent de constater à la surface des produits, lors de l’ouverture des containeurs, un développement de micro-organismes qui :
- leur procure un aspect visuel particulièrement pénalisant et les rend difficilement commercialisables,
- peut détériorer physiquement le finissage,
- peut dégager des odeurs particulièrement désagréables.
Ces micro-organismes sont issus d’espèces vivantes très variées, aussi on peut citer les bactéries, les virus, les levures, les moisissures, les champignons et encore plus rarement certaines algues.
Prévention du développement des micro-organismes
Il est quasiment impossible de garantir les conditions durant le transit et le stockage. La propreté des camions et des containeurs est une donnée d’entrée qu’il faut prendre en compte et les solutions sont donc à trouver ailleurs.
- LES BIOCIDES
Tout d’abord, des biocides peuvent être utilisés durant le processus d’élaboration des matières premières qui ont permis de fabriquer le produit transporté. Rappelons ici que les biocides sont sévèrement réglementés et qu’il convient d’utiliser des produits autorisés conformément à la Directive Biocide 98/8/CE sur la mise sur le marché des produits biocides. Ce texte a été modifié le 3 avril 2007 par la Directive 2007/20/CE avec l’inscription du dichlofluanide en tant que substance active utilisable.
Les produits cancérigènes ou dangereux sont à proscrire strictement et plusieurs Directives européennes interdisent leur utilisation (Directive interdisant l’utilisation du pentachlorophénol ou PCP, Directive interdisant l’utilisation des dérivés de l’étain, des substances TBT, DBT etc…).
NE PAS CONFONDRE !
Un bactéricide est un agent qui tue les bactéries.
Un biocide est une substance active ou une préparation qui détruit, repousse ou rend inoffensifs les organismes nuisibles, en prévient l’action ou les combat, par une action chimique ou biologique.
Un fongicide est un agent qui tue les champignons.
Un bactériostatique est un agent qui empêche le développement des bactéries.
Un fongistatique est un agent qui empêche le développement des champignons. |
- LES EMBALLAGES
Leur rôle est important et plusieurs possibilités existent :
- Les emballages “respirants”, c’est à dire laissant passer la vapeur d’eau et évitant la re-condensation sur le produit sont à privilégier. Inversement, les emballages plastiques piégeant l’humidité peuvent être source de problème. Un matériau simple comme le papier est le plus approprié.
- L’utilisation de sachet de dessiccateur (type silica gel) peut améliorer la tenue à la moisissure mais reste limité, un sachet ne peut absorber que 40 % de son poids.
- Le recours à des produits sous forme de patch, qui libèrent dans le temps de petites quantités, ce qui limite la prolifération des micro-organismes.
- LES CONDITIONS DE PRODUCTION
Lors de l’emballage final, les produits doivent être propres et secs, de même pour tous les emballages. En fin de ligne de production, des lampes UV peuvent également être installées pour éliminer des micro-organismes qui se seraient déposés sur les produits en cours de fabrication.
L’apport de l’analyse
Comme dans bien d’autres domaines, les normalisations nationale et internationale proposent des méthodes d’essai standardisées basées sur des tests microbiologiques complexes. Les étapes sont les suivantes :
- Préparation minutieuse des échantillons,
- Méthode de mise en culture,
- Isolement et tests de confirmation,
- Identification des micro-organismes,
- Dénombrement des colonies,
- Présentation des résultats de l’essai.
Les essais vont donc permettre de quantifier l’ampleur de la contamination et d’évaluer le risque pour les produits. Par contre, il est généralement très difficile d’établir formellement la provenance de la contamination : qui du produit, de l’emballage ou du transport en est la source ?
En effet, c’est toujours a posteriori que le laboratoire est contacté pour effectuer des analyses. À ce stade, la prolifération des micro-organismes a fait son œuvre et on les retrouve généralement partout. Dans cette situation, c’est généralement le responsable de la mise sur le marché qui questionne STR et qui souhaite savoir si ce sont les produits qui sont la source du problème. STR demande alors un prélèvement “statistique” qui représente différentes zones géographiques dans le conteneur et des mises en culture sont réalisées sur le produit et l’emballage.
LES DIFFÉRENTS MICRO-ORGANISMES
Les bactéries sont des organismes vivants unicellulaires, caractérisés par une structure “procaryote” (absence de noyau cellulaire).
Le nom champignon est donné aux espèces appartenant au règne des mycètes (ou fungi), caractérisé par une structure “eucaryote” (présence d’un noyau cellulaire), dont font partie les levures et les moisissures.
Les levures sont unicellulaires et cylindriques ; elles se multiplient par bourgeonnement ou sporulation (formation et libération de spores).
Les moisissures sont pluricellulaires et filamenteuses ; elles se présentent sous la forme d’un feutrage velouté, blanc ou coloré ; elles se multiplient par l’intermédiaire de spores qui diffusent dans l’air ambiant.
Un virus est une entité biologique qui nécessite une cellule hôte, dont il utilise les constituants pour se multiplier.
Les algues sont des végétaux inférieurs qui ne possèdent ni racines, ni fleurs, ni graines, mais qui sont capables de produire de la matière organique par photosynthèse. |
Les résultats des essais sont alors analysés finement pour mettre en place un faisceau de présomption permettant généralement de proposer des conclusions. Par exemple, les produits proches des parois exposées au soleil sont généralement celles où la prolifération est la plus forte. Dans d’autres zones moins exposées, le développement peut être faible ou inexistant. La mise en culture de ces produits et emballages permettra de trancher sur la source. Ces expertises sont désormais fréquentes et STR a développé ce savoir-faire au sein de son laboratoire de bactériologie.
Depuis sa création, STR dispose de compétences microbiologiques et de nombreux travaux ont été conduits par le passé, par exemple :
- Le développement microbien et la préservation des peaux brutes.
- Les matériaux bactériostatiques, bactéricides, fongicides et fongistatiques.
- L’analyse des micro-organismes dans les eaux résiduaires.
- La détermination des légionelles.
- Le développement de la norme d’évaluation des chaussures résistantes aux microorganismes (pr EN 13832-4).
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