STR® NEWSLETTER N°3 - 2007
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Essai : détermination de la propension des étoffes
à l’ébouriffage en surface et au boulochage

Parmi les défauts « critiques », le boulochage est un grand classique pour le consommateur. Même si tout dépend de son « seuil de tolérance » et de l’usage final de l’article, l’impact visuel des bouloches sur un habit a généralement un effet rédhibitoire…

Le boulochage se caractérise sur la surface d’une étoffe par la présence de bouloches, ces petites boulettes de fibres emmêlées, qui s’accrochent entre-elles. Les origines sont diverses et le boulochage peut provenir du lavage, du nettoyage à sec et/ou lors du porter.

Selon la norme ISO 12945-1:2002, une bouloche est un emmêlement de fibres en petits agglomérats émergeant de l’étoffe et qui, en raison de leur densité, empêchent la pénétration de la lumière et forment des ombres.

L’ébouriffage est un hérissement des fibres de surfaces et/ou un redressement des fibres de l’étoffe modifiant visiblement la surface.

Le niveau de boulochage est déterminé par la vitesse à laquelle se produisent simultanément les processus suivants (selon ISO 12945-1:2000) :

  • Essai : détermination de la propension des étoffes à l’ébouriffage en surface et au boulochageL’emmêlement des fibres entraînant la formation de bouloches ;
  • Le développement d’une pilosité de surface ;
  • L’élimination des fibres et des bouloches par l’usure.

Les propriétés des fils, des fibres et de l’étoffe influent sur le développement de ces processus : ainsi par exemple, certaines fibres entraînent une vitesse de formation de bouloches supérieure à la vitesse d’élimination, ce qui a pour conséquence une augmentation des bouloches concomitante à l’usure ; ou inversement, dans le cas de certaines autres fibres, la vitesse de formation des bouloches est proche de la vitesse d’élimination par l’usure.


Anticipation du phénomène de boulochage

Pour prévenir l’apparition du boulochage, les essais en laboratoire sont incontournables. Ils permettent d’accélérer le phénomène du boulochage pour déterminer la propension d’un article d’habillement ou d’une étoffe à boulocher.

À l’idéal, l’essai devrait reproduire les trois processus mentionné ci–dessus, ce qui n’est pas techniquement réalisable. Aussi, la « détermination de la propension des étoffes à l’ébouriffage en surface et au boulochage » repose elle sur plusieurs méthodes d’essais normalisées :

  • Méthode de la boîte de boulochage « Pilling Box » (NF EN ISO 12945-1:2002) : essai reproduisant le boulochage par des frottements aléatoires dans une chambre tapissée de liège.
  • Méthode Martindale modifiée (NF EN ISO 12945-2:2000) : essai reproduisant le boulochage par frottement d’une surface de l’éprouvette sur une autre.
  • Méthode de boulochage par chocs aléatoires dans une chambre cylindrique (PREN ISO 12945-3:2006).

Nous vous présenterons les méthodes réalisées à CTC. Ceux-ci sont réalisés en atmosphère conditionnée de température (20 ± 2 °C) et d’humidité (65 ± 2 %).


L’essai pilling box NF EN ISO 12945-1:2002

> Principe
Des éprouvettes fixées sur des tubes en polyuréthanne sont agitées aléatoirement dans une boîte tapissée de liège et tournant à une vitesse de rotation constante et contrôlée.

L’ébouriffage et le boulochage sont évalués visuellement après une période déterminée de rotations de la boîte, dans une chambre d’observation.

> Déroulement
Cet essai s’applique de préférence aux tricots.
Après réception, conditionnement et échantillonnage (selon les normes ISO 139 et ISO 10012), en accord avec le client, un lavage ou un nettoyage à sec de l’échantillon peut être préalablement effectué.

L’essai pilling box NF EN ISO 12945-1:2002Cinq éprouvettes carrées de 125 mm de côté sont ensuite découpées dans l’échantillon avec des repères précisant l’envers et les sens de la chaîne et de la trame. L’une des éprouvettes sera conservée comme référence. Si les deux côtés sont difficilement distinctifs, l’essai devra être reproduit sur les deux côtés, les sens chaîne et trame seront également testés.

Les éprouvettes sont pliées de telle sorte que l’endroit se situe vers l’intérieur. Une couture est pratiquée afin de former un tube, en utilisant une densité de points permettant d’obtenir une couture équilibrée. Les échantillons sont alors « enfilés » sur un tube polyuréthanne auquel ils sont « scotchés ».

Les quatre éprouvettes du même échantillon sont placées ensembles à l’intérieur de la Pilling Box. L’essai se déroule sur des durées de 3 heures, 4 heures, 5 heures ou 10 heures (5 heures de Pilling Box correspondant à 18.000 tours de rotation).
À la fin de la phase d’essai, les éprouvettes sont récupérées et décousues et le boulochage peut être évalué.


L’essai Martindale modifié NF EN ISO 12945-2:2000

> Principe
Mouvement de LissajousUne éprouvette circulaire est soumise à une force définie sur une surface de frottement constituée, en principe, de la même étoffe en décrivant une courbe de Lissajous. L’ébouriffage et le boulochage sont évalués visuellement à des stades de frottement préalablement définis.

Le mouvement de Lissajous commence par former un cercle, puis progressivement des ellipses de plus en plus étroites jusqu’à tracer une ligne droite à partir de laquelle des ellipses de plus en plus larges se forment dans la direction perpendiculaire, avant de répéter de nouveau ce même dessin.

L’éprouvette peut en même temps tourner librement autour d’un axe passant par son centre, perpendiculairement au plan de l’éprouvette.

> Déroulement
Mouvement de LissajousCet essai s’applique de préférence aux tissus. Après réception, conditionnement et échantillonnage (selon les normes ISO 139 et ISO 10012), en accord avec le client, un lavage ou un nettoyage à sec de l’échantillon peut être préalablement effectué.

Quatre couples d’éprouvettes circulaires d’un diamètre de 140 mm sont nécessaires, avec des repères précisant l’endroit de chaque éprouvette. L’un des couples d’éprouvettes sera conservé comme référence.

Un premier échantillon est fixé sur un disque de feutre et sur le plateau de boulochage, son double est positionné sur un disque en feutre et le porte-éprouvette. Les échantillons doivent d’une part être « solidement » fixés à leurs supports respectifs et d’autre part être placés pour permettre un frottement de l’endroit sur l’endroit. Une charge de masse normalisée est appliquée sur l’axe permettant la rotation de l’échantillon.

La norme ISO 12945-2:2000 prévoit un nombre de frottements et une charge appliquée différents selon les types de textile. STR adapte son protocole aux cahiers des charges de ses clients. Le nombre de cycles effectué peut aller de quelques dizaines à plusieurs milliers.

À la fin de la phase d’essai, les éprouvettes sont récupérées et le boulochage peut être évalué.


Évaluation finale du boulochage

L’évaluation de l’éprouvette et des échantillons se déroule dans une chambre d’observation placée sur une illumination normalisée.
Chaque éprouvette est évaluée conformément au barème suivant.

Classe Description
5

Aucun changement

4

Léger ébouriffage de la surface et/ou formation partielle de bouloches

3

Ébouriffage moyen de la surface et/ou boulochage moyen. Bouloches de tailles variées et de densité recouvrant partiellement la surface de l’éprouvette

2

Ébouriffage marqué de la surface et/ou boulochage marqué. Bouloches de tailles variées et de densité recouvrant une grande partie de la surface de l’éprouvette

1

Ébouriffage important de la surface et/ou boulochage sévère. Bouloches de tailles variées et de densité recouvrant toute la surface de l’éprouvette

À l’issue des tests, le laboratoire accrédité exprime les résultats par une cotation allant de « 1 » à « 5 » par demi-point : « 5 » signifiant qu’il n’y a pas de changement de surface et « 1 » que le boulochage est important. Pour exprimer des niveaux intermédiaires, il est possible d’exprimer des demi-points. Des commentaires qualitatifs peuvent ajoutés.

L’évaluation de cet essai étant de nature subjective, plusieurs observateurs examinent chaque éprouvette. Le résultat final étant la moyenne des différentes évaluations des observateurs. Il est possible de conforter ces évaluations à partir de photographies de référence.


Expression des résultats d’essai

Le laboratoire adresse un rapport d’essai au client contenant un certain nombre de points :

  • la référence de la méthode d’essai
  • la description de l’échantillon et les éventuels traitements préalables ;
  • le nombre d’éprouvettes et le nombre d’observateurs ;
  • le nombre de tours ou de frottements pratiqués ;
  • la date de l’essai ;
  • et pour la norme NF EN ISO 12945-2:2000, l’étoffe de frottement utilisée et la masse des éléments de charge
  • la cotation finale attribuée à l’échantillon
  • les éventuels écarts au mode opératoire.

Les essais sont des indicateurs essentiels pour le contrôle qualité de vos produits et la valorisation de vos produits. Ils permettent également d’apporter des éléments de décisions-clés en phase de conception de produit.

N’hésitez pas à contacter les experts STR pour formaliser votre Démarche Qualité Globale.

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